Lunchboss
4/3/2021

Lunch Boss #17 - A table avec Baptiste Corval, co-fondateur de Phénix

Baptiste, son parcours entrepreneurial et Phénix en quelques motsBaptiste a 38 ans, a fait des études d’ingénieur informaticien et Phénix n’est pas son premier projet entrepreneurial.

Il a commencé en 2010 avec un projet dans le prêt-à-porter pour homme dont il lance la première ligne de production en Tunisie 5 jours avant le printemps arabe. Les plans sont chamboulés, la production est finalement décalée d’un an "cela a forgé mon cuir entrepreneurial” explique Baptiste avec beaucoup de recul.

Son deuxième projet ne s’est pas non plus passé comme prévu, pas de contexte politique en jeu mais à cause d’un conflit d’associés : Baptiste et son associé Jean finissent par vendre  leurs parts au 3ème associé pour fonder Phénix.

Ils ont vécu la création de Phénix comme un renouveau entrepreneurial, à l’image du nom de la boite, cet oiseau légendaire qui a le pouvoir de renaître !Phénix est aujourd’hui une solution de lutte contre le gaspillage alimentaire via divers canaux:

  • volet B2B : un appui à la grande distribution dans la gestion des invendus redistribués aux associations ou pour de l'alimentation animale, ou encore par un système de stickage de produits périmés.
  • volet B2C : à travers une application qui permet à des consommateurs de récupérer des paniers alimentaires invendus à un prix réduit.

Les tips de Baptiste sur son expérience chez Phénix

1/ Phénix et ses investisseurs

Phénix a une histoire assez particulière avec ses investisseurs pour deux raisons : ils sont nombreux (12 investisseurs) et issus de cultures différentes (fonds d’investissements classiques, fonds à impacts et Corporate venture, Business angel, Family office).On conseille la lecture de l’article de Jean Moreau, l’associé de Baptiste sur Médium sur ce sujet.

Phénix attend d’avoir un peu de chiffre d'affaires (90k€) avant d’envisager une levée de fonds. Ils ont d’abord été approchés par un fonds classique puis du monde a suivi. Baptiste avoue avoir eu pas mal de chance pour cette première levée de fonds qui a certes été longue mais qui s’est bien passée, les investisseurs se sont révélés sincères, voire très fiers d’avoir investis dans la boîte. La seconde levée de fonds a été nettement plus rapide.

2/ Phénix et son approche de la grande distribution

C’est connu : la grande distribution est un secteur assez particulier, les décideurs sont durs en négociation. D’après Baptiste, il faut garder en tête une approche très financière vis-à-vis des interlocuteurs.

Plutôt que de venir avec une jolie présentation PowerPoint , il est préférable de présenter un tableau Excel complet. Il s’est attaché à mettre  en avant la loi Coluche (réductions d’impôt sur les dons aux associations) et la réduction du coût de la gestion des déchets.

De même, le modèle économique de Phénix a beaucoup évolué.

Au démarrage, il a fallu faire ses preuves, la facturation s’est donc faite au succès sur la réduction des coûts.

Aujourd'hui, l’efficacité de la solution n’est plus à démontrer : ils se tournent vers un système d’abonnement.

3/ Phénix et ses recrutements

Pour monter l’équipe from scratch, Baptiste et Jean ont participé au recrutement de chaque salarié au feeling. Il admet la difficulté de l’exercice notamment le fait de trouver des personnes qui ont la même vision.

Les recrutements se font à la volée quand ils se rendent comptent qu’ils sont sous staffés.

Depuis 1 an, Phénix s’est doté d’une DRH et la marque employeur fait son job, les barrières sont levées, Baptiste et Jean se concentrent uniquement sur le recrutement des C-level .

4/ Phénix et ses labels

Phénix est labellisé à la fois par B-Corp et par ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale).

Même si les labels sont assez compliqués à obtenir, c’est important d’être reconnu, c’est une preuve sociale qui boost ton acquisition client.

Par ailleurs, c’était un must vis à vis des investisseurs. Finalement les labels sont également un bon moyen de se structurer.

5/ Phénix et ses concurrents

Baptiste est assez détaché de cette question : il ne faut pas trop s'attarder sur la concurrence et exécuter à sa manière en étant convaincu que c’est la bonne. Et puis c’est important d’avoir des concurrents, être plusieurs à évangéliser le marché.

Merci Baptiste :)

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