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28/8/2019

Podcast #1: Comment réussir sa levée de fonds sans chiffre d'affaires? Les conseils de L. Lourenço

Bienvenue sur le premier podcast de Novapuls! Nous avons le plaisir de partager avec vous les bonnes nouvelles de Novapuls et les tips d’entrepreneurs à travers une longue série de podcast on l’espère!

Pour commencer, c’est Laurent Lourenço de la société Space Elephant qui a accepté de partager avec vous son expérience de levée de fonds qu’il a clôturé il y a quelques semaines pour son projet @Unik-Name.

Laurent, peux-tu nous dire en quoi consiste ton projet?

"Le projet @Unik-Name vise à simplifier la vie des internautes et à sécuriser l’accès sur toutes les plateformes internet et les applications mobiles.

Notre idée est assez simple: avec l’explosion des services internet, nous avons besoin de créer énormément de comptes et de mots de passe, l’idée est donc de pouvoir se connecter sans avoir besoin de mot de passe.

"Peux-tu nous en dire plus sur le montant de cette levée de fonds et avec qui tu les a levés? "Nous avons levé 550 000 € en phase d’amorçage.

Nous avons trouvé des investisseurs que l’on qualifie plutôt d’investisseurs stratégiques et non des fonds d’investissement professionnels.

Trois investisseurs sont entrés au capital: le cabinet de recrutement Externatic (cabinet de recrutement nantais spécialisé en informatique), un data center parisien spécialiste de la cyber sécurité qui est le groupe CYLLENE qui réalise pratiquement 100 millions d’Euros de chiffre d’affaires essentiellement en France auprès de grosses entreprises cotées et un family office qui souhaite rester anonyme mais qui partage notre vision sur le marché que l’on adresse.

"Tu as réussi ce premier tour alors que tu n'avais pas de chiffre d'affaires ; peux-tu nous expliquer comment tu as réussi à convaincre tes investisseurs?

"Il faudrait peut être leur demander! Il est vrai que cette particularité a rendu cette levée de fonds difficile. Ces investisseurs ont plutôt été convaincus par la vision qu’on avait. Il s’agissait de personne que l’on connaissait avant. Ils ont parié sur l’équipe et sur le potentiel du marché que l’on adresse. Il s’agit du marché que l’on appelle CIAM Customer identity access management. Ce marché est estimé à 22 milliards de dollars. Ils ont également parié sur la structure de l’entreprise: nous sommes une équipe de tech plutôt solide et expérimentée.

"Peux-tu nous donner les raisons qui t’ont conduit à lever des fonds et ton plan d’action pour le futur?

"Comme je le dis souvent, le premier incubateur en France est Pôle Emploi. C’est généralement lui qui rémunère les fondateurs des startups. La première chose que l’on fait avec un fonds d’amorçage c’est donc souvent de payer les salaires des fondateurs et faire grossir l’équipe.

Aujourd’hui nous avons un cash burn de 40 000 €/mois qui sert à payer essentiellement des salaires. L’équipe passe de 4 fondateurs à 8 personnes avec des embauches dans le domaine tech, marketing et vente. L’idée est aussi de finaliser notre MVP car non seulement nous n’avions pas de chiffre d’affaire mais nous n’avions pas de démo du produit à présenter aux investisseurs.

Nous avons aujourd’hui une première version du MVP que nous sommes déjà en train d’itérer et de faire évoluer. La prochaine phase dans le jargon des startups c’est le product market fit. Il s’agit de faire évoluer ce produit au contact des clients et des utilisateurs.

"Peux-tu qualifier ton expérience de levée de fonds en 3 mots? "Trop longue! Ca fait deux mots mais c’est la réalité!

Si on veut rajouter un adjectif, je dirais plutôt inefficace dans le sens où pour un porteur de projet d’une startup en phase d’amorçage, il faut y passer beaucoup d’énergie. C’est un processus qui nécessite de créer de la confiance avec ses investisseurs.

C’est un processus long que l’on peut difficilement compresser. Pendant à peu près 6 mois je n’ai fait que ça! Sur une journée de 200% J’y ai passé 150% de mon temps."Si c'était à refaire, que ferais-tu différemment? Aurais-tu des conseils à donner?

"Quand j’ai parlé à un investisseur de ma perception de ce long processus, il a eu une remarque que j’ai trouvé très intéressante: le mieux c’est de ne pas avoir besoin d’argent pour démarrer une activité.

Lorsque l'on fait une levée de fonds en phase de pré-amorçage avec très peu de chiffre d’affaires, on n'est pas en position de force pour négocier. Il faut donc trouver le bon moment, ni trop tôt, ni trop tard pour se mettre dans le processus. Trop tôt: il n’y a pas de produit, il n’y a pas de traction, il va être difficile de convaincre. Trop tard: la boite est morte parce qu’on a besoin de cash.

Nous avons probablement compris un point important un peu tard : les fonds d’amorçage en tant que tels n’existent pas vraiment en France. Quelqu’un m’a dit: “si tu vas aux Etats Unis, tu arriveras à lever en moins de 3 semaines sur des montants plus élevés.

Les fonds d’amorçage en France t’obligent déjà à avoir un produit, un peu de chiffre d’affaires qui rentre, au moins une traction déjà significative.

Alors que cette phase correspond à la phase d’accélération. Les fonds d’amorçage devraient être censés pouvoir financer une partie de R&D. Quand on est en phase early stage, pré-amorçage comme nous, il ne faut en fait pas passer de temps à aller voir tous ces fonds d’investissement qui vont de toutes façon demander des preuves de chiffre d’affaires et des preuves de traction et si tu n’as pas fini ta R&D ce sera du temps de perdu!"

A bientôt pour le prochain épisode!

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