Lunchboss
31/5/2021

Lunch Boss #19 – Emmanuel Grelaud, cofondateur de Ideolys

EMMANUEL ET IDEOLYS EN QUELQUES MOTSIdeolys, c’est l’histoire de trois frères informaticiens dont Emmanuel est l’aîné. Ils s’associent en 2010 avec une offre de service diversifiée : du conseil en management de transition, la distribution d’un logiciel brésilien de gestion pour la restauration et du service cloud pour les sociétés vendéennes.

En 2011, ils décrochent un gros contrat de 4 M sur 5 ans pour la distribution du soft brésilien. L’aventure décolle : les premiers recrutements ont lieu et les relations avec les banques se fluidifient.

Finalement, l’équipe s’aperçoit que l’éditeur brésilien n’est pas à la hauteur de ses promesses et les projets plantent un à un, les retards s’accumulent.

La distribution du logiciel qui constituait à l’époque 90% du chiffre d'affaires se retrouve en une semaine à 0%, les clients arrêtent tout.L’équipe réalise à ce moment un pivot ambitieux : lever des fonds pour financer le développement de son propre logiciel de gestion.

C’est ainsi que nait l’ERP spécialisé dans la restauration collective Easilys. L’entreprise a affiché l’année dernière un CA à 5M et ambitionne de terminer 2021 à 7M.

Les trois frères s’attaquent à l’international. “On est parti la fleur au fusil, on a failli mourir deux fois, mais le meilleur reste à venir”, dixit Emmanuel qui est confiant en l’avenir. Que retenir de ce récit entrepreneurial plein de rebondissements?

LES TIPS D'EMMANUEL

1/ Ne pas avoir peur des pivots

Quand ils se sont rendus compte qu’ils allaient dans le mur avec l’éditeur brésilien, il leur a fallu prendre beaucoup de recul pour ne pas perdre pied. Ils savaient qu’il existait un marché qui leur tendait les bras, il ne manquait plus que l’outil. La levée de fonds leur a finalement permis de pivoter et développer leur propre outil et leur propre techno.

Le lancement de la commercialisation s'est fait en 2014, petit à petit après avoir fait leur preuve. Ils ont longtemps cherché la rentabilité mais avec les recrutements et un cash burn élevé, le seuil a été atteint en 2019. Le parcours a été long mais finalement le pari est rempli.

2/ Profiter de l’effet miroir des autres

Ideolys est devenu lauréat du réseau entreprendre en 2010. Emmanuel a su profiter des échanges avec son parrain alors qu’il venait d’un milieu complètement différent. A raison d’une rencontre par mois, Emmanuel s’est appuyé sur cette personne pour prendre de la hauteur, passer la zone de turbulences. Cette personne a été un vrai repère pour lui.

3/ Se faire payer ses POC

Selon Emmanuel, il est important de se faire payer ses POC avec les clients. Cela confirme que la personne qui expérimente est en capacité de faire un chèque, qu’elle fait partie de l’équipe décisionnaire et qu'elle pourra ensuite acheter la solution.  

4/ Gérer sainement l'association familiale

Emmanuel est clair et direct quand il s’agit de la relation avec ses frères : il était convenu d’entrée que j’avais le plus de poids dans la boîte. Il y a un leader et c'est important qu'il y ait une personne avec plus de part qui décide. Il faut bien se dire ce qu'il y a à faire et quels sont les sujets qui fâchent.

Au début de leur association, ils ont dressé une liste sur Excel des sujets qui pourraient les fâcher. Ils ont par exemple décidé qu’il était exclu d’associer les conjoints dans l'aventure directement.

Emmanuel considère qu'une association à 3 permet un bon équilibre et une bonne complémentarité.  

5/ Lever des fonds pour se structurer et accélérer

Ideolys a réalisé trois levées de fonds et quelques bridges. Emmanuel avoue très honnêtement qu’à la signature de son premier pacte d’associés suite à la 1ère levée il a lâché 20% de son capital.

“La dilution c’est pas important si on va loin. On a certes une part plus petite mais d'un gâteau beaucoup plus gros”.

Aujourd’hui, avec un peu de recul, il admet qu’ouvrir son capital à un investisseur c’est structurant et ça permet d'accélérer. L’investisseur amène un autre regard et met le doigt là où ça fait mal mais à bon escient !Il ajoute aussi qu’il aurait dû viser plus haut à son premier tour de table (1M€), montrer un projet plus ambitieux et plus volontariste.

"Il faut être optimiste et croire en l'histoire que l'on raconte"

Ce qui importe à ses yeux c’est de bien s’entendre avec l’investisseur, et surtout être à l’aise avec la personne qui suit le dossier. Il a d’ailleurs signé des clauses pour que cette personne ne change pas!

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