Lunchboss
31/1/2022

Lunch Boss #23 – Anaïs Vivion - CEO de BeApp et Képhyre

Anaïs, BeApp, Képhyre et son investissement dans l’écosystème en quelques lignesAnaïs dit elle-même qu’elle est tombée amoureuse de la tech et de l’entrepreneuriat.

A l’heure où les femmes se font rares dans le milieu (2011), et à peine diplômée, elle crée sa première boîte en mode startup avec 2 associés : BeApp. Il s’agit d’une plateforme produit de CMS Mobile.

Après 1 an de R&D, 1 000 € de fonds propres, un prêt bancaire et l’aide d’Atlanpole (envers qui elle reste très reconnaissante), le produit sort et rencontre une certaine traction commerciale.

Les challenges sont nombreux, et l’entreprise doit faire face à des demandes beaucoup trop spécifiques par rapport au produit sur étagère préalablement développé : un constat qui les amène à revoir leur business modèle.  

En 2013, BeApp prend un tournant et devient une agence visant à accompagner les grands groupes aussi bien que les startups dans la digitalisation de leur offre .

Aujourd’hui, l’entreprise compte de belles références (Marmiton, 20 mn notamment) et 38 salariés.Anaïs ne s’arrête pas là. Elle persévère dans le produit en créant une startup en interne, Képhyre, mêlant sa passion pour la tech à celle pour l’équitation.

Dans le domaine de l’IOT, le produit sert à détecter les chutes de cheval avant qu’elles ne se produisent. A côté de ses projets entrepreneuriaux, Anaïs est très investie dans l’écosystème tech régional. Originaire de Bourgogne et ayant fait ses études à Bordeaux, elle est accueillie à bras ouverts à son arrivée à  Nantes et décide aujourd’hui de rendre ce que l’écosystème lui a apporté.

Elle devient ainsi administratrice de la Cantine numérique, s’investit au bureau puis prend la Présidence de la French Tech Nantes. Ce que l’on a retenu des échanges avec l’entrepreneure qui n’a pas froid aux yeux : 1/ Pivot rapide et choix difficile.  

Le lancement de la plateforme produit a été financé par un prêt bancaire. Anaïs précise que la banque a accepté ce financement car son BP prévoyait une ligne de prestation sans laquelle cela n’aurait pas été envisagé.

Quand le produit est lancé en commercialisation, Anaïs en voit déjà les limites et commence à penser à une V2 et une ouverture de capital. Elle prend quelques contacts dans les fonds d’investissement mais n’arrive pas à trouver leur adhésion : à cette époque les données du marché sont plutôt pessimistes malgré son début de traction (une vingtaine de clients dans le 1er mois).

Elle écume toutes les aides possibles pour le projet, puis sur les conseils du Réseau entreprendre et d’Atlanpole décide finalement, mais un peu à contrecœur, la transformation de BeApp en agence.

2/ BeApp : une gouvernance et une association originale qui fonctionne

Anaïs a lancé BeApp avec deux associés. L’association tient encore aujourd’hui car la relation est saine et transparente.

Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à faire appel à des coachs, notamment au début pour faire un diagnostic de leur association. Suite à ce diag, Anaïs a racheté des parts à son associé pour mieux faire coïncider sa part de capital avec son implication dans la boîte. Aujourd’hui, Anaïs ne dirige pas BeApp avec ses associés mais avec un Codir recruté par la suite. Ses co-fondateurs  ont préféré rester dans leurs expertises respectives. Ce montage plutôt original est challengé tous les 3 ans : les associés se donnent RDV lors d’un séminaire où ils échangent ouvertement sur leurs visions respectives.

3/ Une relation client tournée vers l’humain

BeApp fonctionne principalement avec des appels entrant. Anaïs avoue d’ailleurs que le fait d’être une femme médiatisée a été une belle vitrine pour son entreprise au démarrage.

Le bouche à oreille fonctionne bien aussi. D'autant que l'entreprise collabore principalement avec des clients qui correspondent à ses valeurs (le luxe !), avec un accompagnement de A à Z dans le développement de leur offre mobile et digitale.

L’agence refuse d’ailleurs la place de sous-traitant. Ce parti pris est né de quelques contentieux clients, dont un qui a failli faire couler la boite. Pour éviter ce risque, Anaïs  conseille aux entrepreneurs de prendre une bonne assurance juridique et de bien faire attention aux valeurs portées par les clients.

4/ Une grande proximité avec ses équipes

Anaïs accorde une haute importance au bien-être au travail. Aux débuts de BeApp, la gestion des ressources humaines a été compliquée, le management s’est fait au feeling.

Anaïs s’est rendu compte que l’ambiance de la boîte n’était pas celle qu’elle imaginait et dont elle avait envie : elle a donc rejoint le réseau Germe.

A raison d’une journée de formation par mois, elle a revu son mode de management, s’est beaucoup remise en question. Elle n’hésite d’ailleurs jamais à se faire coacher de temps en temps pour laisser leur juste place aux Directeurs qui prennent leurs postes.

Anaïs prône la transparence et l’écoute : elle communique le chiffre d’affaires avec ses équipes et organise 3 séminaires par an où chacun peut dire ce qu’il souhaite. Au démarrage de l’entreprise, les salaires étaient plutôt bas, ils sont augmentés chaque année.  

5/ Képhyre : un projet d'intrapreneuriat né d'un esprit startup persistant

Amoureuse de la tech, Anaïs n’arrive pas à faire le deuil du produit : elle persévère et lance son projet Képhyre en interne. Elle avoue que le projet lui a donné de l’air  et fait monter l’équipe en compétences dans le domaine de l’IOT, sujet très technique qu’elle met aujourd’hui à profit auprès de ses clients.

Aujourd’hui, elle ne le referait pas car le hardware est encore plus compliqué à financer.

Elle prend d’ailleurs un peu de recul opérationnel sur le projet en nommant quelqu’un à la tête de Képhyre pour se focaliser sur le développement de BeApp.

Avec un plan de croissance à 3 ans, BeApp compte atteindre les 70 salariés et travailler au développement d’applications nationales. Anaïs a choisi de ne plus se disperser… ou pas trop !

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