Lunchboss
26/2/2020

Lunch Boss #13 - A table avec Alexandre Chartier, ex CEO d'OrniKar

Alexandre et son aventure entrepreneuriale en quelques mots.

Alexandre, 33 ans, est un entrepreneur-né, il n’a jamais envisagé le salariat. Après s’être lancé dans deux projets, l’un dans les sous-vêtements l’autre dans les repas à domicile dont il a créé la plateforme lui même, il fonde la startup OrniKar en embarquant un ami dans l’aventure. Ornikar, la plateforme qui met en relation des moniteurs d’auto-école avec les candidats au permis de conduire, a pour objectif de diviser par deux le prix du permis. Le projet s’est développé à vitesse grand V: 1 million d’Euros levés avec une présentation et beaucoup de conviction, des recrutements, une croissance exponentielle, passages au JT de 20h, une invitation à l’Elysée mais… après 2-3 ans un clash entre Alexandre, son associé et les fonds d’investissement.

Alexandre est contraint de quitter le navire qu'il avait bâti avec beaucoup d'énergie.  Alexandre nous partage son récit et surtout les leçons qu'il en a tirées.Voici notre retranscription de ses 3 principaux conseils.Les "lesson learnt" d'Alexandre

Écarter l’association à 50/50 et faire attention au contenu du pacte d'associés

En tant que fondateur, il est plus judicieux de garder la majorité de son entreprise. Il faut un CEO majoritaire pour plus de légitimité et de clarté auprès des salariés. "Au moment de la signature du pacte d’associés, on n’envisage jamais le pire, on trouve que c’est fair de partager en deux parts équivalentes la valeur de la société. C’est un moment un peu euphorique où tout va bien."

La rédaction du pacte est importante afin d'acter les conditions dans le cas de situations complexes et imprévues. Si Alexandre avait été plus vigilant sur ces 2 aspects (majorité et contrat de pacte), il n'aurait probablement pas été aussi impuissant lorsque son associé s'est mis du côté de leurs actionnaires pour voter sa révocation. Un conseil : vous faire accompagner par un avocat qui défend vos intérêts d'entrepreneur.  

Avec du recul, Alexandre est aujourd’hui assez surpris que personne, à l’époque de la signature de ce pacte, n’ait attiré son attention sur ce point, que ce soit les avocats, les fonds d’investissement, des pairs…

Bien choisir ses investisseursAlexandre a bien souligné l’importance de bien choisir ses investisseurs.  Un investisseur doit s’inscrire dans une démarche de partenariat et ainsi partager les même valeurs que le(s) fondateur(s).

Et plus qu'un fonds d'investissement, c'est la personne qui va s’asseoir à votre board qu'il faut choisir car elle aura une influence cruciale sur la manière dont vont se dérouler les Conseils d’administration.

Etre en adéquation avec les conséquences d’une levée de fondsAlexandre s’est finalement aperçu au cours de l’aventure qu’elle lui échappait. Avec le recul dont il dispose aujourd’hui car tout est allé très vite à l’époque, il se rend compte qu’il n’a jamais souhaité cette hyper croissance et la pression que celle-ci impliquait. Le financement de cette croissance est pour lui à l’origine du problème.

“Dès que tu lèves des fonds, il faut être conscient que la finalité c’est de vendre ta société”, dit-il.

Entrepreneur dans l’âme, Alexandre n’avait jamais envisagé cette option.

Il a donc rappelé l’importance de bien réfléchir à l'objectif qui se cache derrière une levée de fonds avant de se lancer dans le processus.

La citation qu'on a bien aimé“Le vrai bonheur c’est celui d’entreprendre, c’est le chemin mais pas forcément le succès”.

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